Cette attention aux données et à leur collecte nous a permis d’améliorer globalement le parcours client : agrégation des canaux de vente (téléphone, mail, site, réseaux sociaux), envoi automatisé d’information quelques jours avant le spectacle (bon jour, bon billet, bon endroit), taux de satisfaction et préférences. Ce pilotage par les données a eu un effet très positif sur la billetterie mais aussi sur la gestion des flux pour les équipes d’accueil (moins de retardataires, moins d’objets interdits à l’entrée en salle, etc.). Il existait déjà une culture des données à l’opéra de Paris, mais nous avons passé un pallier et l’outil intéresse de nombreux services à l’Opéra. Les données sont, par exemple, utilisées en comité de direction pour déterminer le calendrier idéal de la programmation, pour anticiper le potentiel de public en fonction du spectacle proposé et pour mieux séquencer dans le temps les spectacles moins accessibles ou plus difficiles à vendre à notre public habituel.
L’acceptation de la CDP par les équipes de l’opéra a été facilitée par le soutien d’Alexandre Neef, le directeur de l’Opéra de Paris, partie prenante de cette nouvelles stratégie d’audience, et par la réalisation du POC. Le POC a, en effet, convaincu l’équipe de l’utilité de l’outil pour nous aider à atteindre nos objectifs. Imagino a l’avantage aussi d’être plus intuitif dans son utilisation que nos outils précédents, ce qui lève un frein important. Autre élément de succès : le rôle de l’intégrateur, KPC Consulting, qui a fait le lien avec les équipes d’Imagino. Sa capacité à produire rapidement des premières maquettes d’interface a permis de rendre les choses concrètes pour les équipes de l’Opéra. Mon rôle est aussi central dans cette mise en place, étant l’interface entre l’outil et les équipes de l’Opéra (vulgarisation de l’outil, aide à son utilisation, etc.). Enfin, le déploiement de la CDP a bénéficié de la mobilisation de plusieurs services, en plus du service marketing dont je fais partie : une personne ressource à la DSI, une autre au service technique de vente et une autre encore au service juridique pour appréhender les questions RGPD.
Aujourd’hui, la CDP est une évidence pour nous, mais elle a un coût (licence annuelle, implémentation, maintien/développement, coût RH dédié) que nous prévoyons d’amortir au bout de trois ans et que l’Opéra peut se permettre en raison de sa surface financière (budget de 250 millions d’euros). Imagino a répondu à nos enjeux de volume et d’automatisation, mais ce n’est pas forcément le bon outil pour toutes les structures culturelles.
L’Opéra de Paris est un ovni dans le paysage culturel français avec un budget annuel d’environ 250 millions d’euros, incluant 72 millions d’euros de recettes de billetterie et 13 millions d’euros de recettes touristiques liées aux visites du Palais Garnier. Au total, l’Opéra Bastille et le Palais Garnier accueillent près de 2 millions de personnes chaque année. La moyenne d’âge de l’ensemble des spectateurs est 46 ans, et de 56 ans pour les abonnés.